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title: "The Rebel · L’Homme révolté"
author: "Albert Camus"
translator: "Anthony Bower"
languages: [fr, en]
shelf: "Literature"
section: 2 of 2
url: https://scriptura.si/works/camus-rebel/2/
cite: "Albert Camus, tr. Anthony Bower, The Rebel · L’Homme révolté, section 2. Scriptura (scriptura.si), https://scriptura.si/works/camus-rebel/2/"
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# The Rebel · L’Homme révolté

*Albert Camus, tr. Anthony Bower*

“Je me révolte, donc nous sommes.” Camus on revolt, revolution, and the limits that keep rebellion human. In French and English.

> # L'HOMME RÉVOLTÉ 

> Albert CAMUS 

> philosophe et écrivain
 français [1913-1960] 

> (1951) 

> ## L’HOMME 

> RÉVOLTÉ 

> Un document produit en
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> OEUVRES D'ALBERT CAMUS 

> ***Récits*** 

> L'ÉTRANGER. Roman. 

> LA PESTE. Récit. 

> LA CHUTE. Récit. 

> L’EXIL ET LE ROYAUME. Nouvelles 

> ***Essais*** 

> NOCES. 

> LE MYTHE DE SISYPHE. 

> LETTRES À UN AMI ALLEMAND. 

> ACTUELLES I. CHRONIQUES 1944-1948. 

> ACTUELLES II. CHRONIQUES 1948-1953 

> L'HOMME RÉVOLTÉ. Essai. 

> L'ÉTÉ. Essai. 

> ***Théâtre*** 

> CALIGULA. 

> LE MALENTENDU. 

> L'ÉTAT DE SIÈGE. Théâtre 

> LES JUSTES. Théâtre. 

> ***Adaptations et traductions*** 

> LES ESPRITS, de Pierre de Larivey. 

> LA DÉVOTION À LA CROIX, de Pedro Calderon de la Barca. 

> REQUIEM POUR UN NONNE, de William Faulkner. 

> ***Aux Éditions Charlot.*** 

> L’ENVERS ET L’ENDROIT. Essais (épuisé). 

> Cette édition électronique a été réalisée
par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de
Chicoutimi et fondateur des Classiques des sciences sociales, à partir de : 

> Albert CAMUS [1913-1960] 

> **L’HOMME RÉVOLTÉ.** [1951] 

> Paris : Les Éditions Gallimard, 1951,
133<sup>e</sup> édition, 382 pp. Collection NRF. 

> Polices de caractères utilisée : 

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> Notes de bas de page: Time New Roman, 12 points. 

> Édition électronique réalisée avec le traitement de
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> Édition numérique réalisée le 8 avril 2010, modifiée le
13 juillet 2014 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec, Canada. 

> Albert CAMUS 

> philosophe et écrivain français [1913-1960] 

> L’HOMME RÉVOLTÉ 

> (1951) 

> Paris : Les
Éditions Gallimard, 1951, 133<sup>e</sup> édition, 382 pp. Collection NRF. 

> Table des matières 

> [INTRODUCTION](#homme_revolte_intro). L'absurde et le meurtre 

> **I. [L'HOMME RÉVOLTÉ](#homme_revolte_I)** 

> **II. [LA RÉVOLTE MÉTAPHYSIQUE](#homme_revolte_II)** 

> [LES FILS DE CAÏN](#homme_revolte_II_I) 

> [LA NÉGATION ABSOLUE](#homme_revolte_II_II) 

> Un homme de lettres 

> La révolte des dandys 

> [LE REFUS DU SALUT](#homme_revolte_II_III) 

> [L'AFFIRMATION ABSOLUE](#homme_revolte_II_IV) 

> L'Unique 

> Nietzsche et le nihilisme 

> [LA POÉSIE RÉVOLTÉE](#homme_revolte_II_V) 

> Lautréamont et la banalité 

> Surréalisme et révolution 

> [NIHILISME ET HISTOIRE](#homme_revolte_II_VI) 

> **III. [LA RÉVOLTE HISTORIQUE](#homme_revolte_III)** 

> [LES RÉGICIDES](#homme_revolte_III_I) 

> Le
nouvel Évangile 

> La
mise à mort du roi 

> La
religion de la vertu 

> La
Terreur 

> [LES DÉICIDES](#homme_revolte_III_II) 

> [LE TERRORISME INDIVIDUEL](#homme_revolte_III_III) 

> L'abandon
de la vertu 

> Trois
possédés 

> Les
meurtriers délicats 

> Le
chigalevisme 

> [LE TERRORISME D'ÉTAT ET LA TERREUR
IRRATIONNELLE](#homme_revolte_III_IV) 

> [LE TERRORISME D'ÉTAT ET LA TERREUR
RATIONNELLE.](#homme_revolte_III_V) 

> La
prophétie bourgeoise 

> La
prophétie révolutionnaire 

> L'échec
de la prophétie 

> Le
royaume des fins 

> La
totalité et le procès 

> [RÉVOLTE ET RÉVOLUTION](#homme_revolte_III_VI) 

> **IV. [RÉVOLTE ET ART](#homme_revolte_IV)** 

> Roman
et révolte 

> Révolte
et style 

> Création
et révolution 

> **V. [LA PENSÉE DE MIDI](#homme_revolte_V)** 

> [RÉVOLTE ET MEURTRE.](#homme_revolte_V_I) 

> Le
meurtre nihiliste 

> Le
meurtre historique 

> [MESURE ET DÉMESURE](#homme_revolte_V_II) 

> La
pensée de midi 

> [AU DELÀ DU NIHILISME](#homme_revolte_V_III) 

> *À JEAN GRENIER* 

> [9] 

> Et ouvertement je vouai mon cœur à la terre grave et
souffrante, et souvent, dans la nuit sacrée, je lui promis de l'aimer
fidèlement jusqu'à la mort, sans peur, avec son lourd fardeau de fatalité, et
de ne mépriser aucune de ses énigmes. Ainsi, je me liai à elle d'un lien mortel. 

> HOLDERLIN. 

> *La mort d'Empédocle.* 

> [11] 

> L’HOMME RÉVOLTÉ (1951) 

> Introduction 

> [Retour à la table
des matières](#tdm) 

>  # The Rebel (book)

>  The Rebel, Albert Camus

>  An Essay on Man in Revolt With a Foreword by Sir Herbert Read

>  Foreword

>  With the publication of this book a cloud that has oppressed the European mind for more than a century begins to lift. After an age of anxiety, despair, and nihilism, it seems possible once more to hope—to have confidence again in man and in the future. M. Camus has not delivered us by rhetoric, or by any of the arts of persuasion, but by the clarity of his intelligence. His book is a work of logic. Just as an earlier work of his (Le Mythe de Sisyphe) began with a meditation on living or not livingon the implications of the act of suicide so this work begins with a meditation on enduring or not enduring on the implications of the act of rebellion.

>  If we decide to live, it must be because we have decided that our personal existence has some positive value; if we decide to rebel, it must be because we have decided that a human society has some positive value. But in each case the values are not "given" that is the illusionist trick played by religion or by philosophy. They have to be deduced from the conditions of living, and are to be accepted along with the suffering entailed by the limits of the possible. Social values are rules of conduct implicit in a tragic fate; and they offer a hope of creation.

>  The Rebel, that is to say, offers us a philosophy of politics. It is a kind of book that appears only in France, devoted, in a passionate intellectual sense, to the examination of such concepts as liberty and terror. Not that it is a theoretical work—on the contrary, it is an examination of the actual situation of Europe today, informed by a precise historical knowledge of the past two centuries of its social development. It is "an attempt to understand the times."

>  Camus believes that revolt is one of the "essential dimensions" of mankind. It is useless to deny its historical reality—rather we must seek in it a principle of existence. But the nature of revolt has changed radically in our times. It is no longer the revolt of the slave against the master, nor even the revolt of the poor against the rich; it is a metaphysical revolt, the revolt of man against the conditions of life, against creation itself. At the same time, it is an aspiration toward clarity and unity of thought—even, paradoxically, toward order. That, at least, is what it becomes under the intellectual guidance of Camus.

>  He reviews the history of this metaphysical revolt, beginning with the absolute negation of Sade, glancing at Baudelaire and the "dandies," passing on to Stirner, Nietzsche, Lautreamont, and the surrealists. His attitude to these prophetic figures is not unsympathetic, and once more it is interesting to observe the influence of Andre Breton on the contemporary mind. Camus then turns to the history of revolt in the political sense, his main object being to draw a clear distinction between rebellion and revolution. Here, and not for the first time, Camus's ideas come close to anarchism, for he recognizes that revolution always implies the establishment of a new government, whereas rebellion is action without planned issue—it is spontaneous protestation.

>  Camus reviews the history of the French Revolution, of the regicides and deicides, and shows how inevitably, from Rousseau to Stalin, the course of revolution leads to authoritarian dictatorship. Saint-Just is the precursor of Lenin. Even Bakunin, to whom Camus devotes some extremely interesting pages (pointing out, for example, that he alone of his time, with exceptional profundity, declared war against the idolatry of science)—even Bakunin, if we examine the statutes of the Fraternity Internationale (1864-7) which he drew up, is found insisting on the absolute subordination of the individual to a central committee of action.

>  All revolutions in modern times, Camus points out, have led to a reinforcement of the power of the State. "The strange and terrifying growth of the modern State can be considered as the logical conclusion of inordinate technical and philosophical ambitions, foreign to the true spirit of rebellion, but which nevertheless gave birth to the revolutionary spirit of our time.

>  The prophetic dream of Marx and the over-inspired predictions of Hegel or of Nietzsche ended by conjuring up, after the city of God had been razed to the ground, a rational or irrational State, which in both cases, however, was founded on terror." The counterrevolutions of fascism only serve to reinforce the general argument.

>  Camus shows the real quality of his thought in his final pages. It would have been easy, on the facts marshaled in this book, to have retreated into despair or inaction. Camus substitutes the idea of "limits." "We now know, at the end of this long inquiry into rebellion and nihilism, that rebellion with no other limits but historical expediency signifies unlimited slavery.

>  To escape this fate, the revolutionary mind, if it wants to remain alive, must therefore, return again to the sources of rebellion and draw its inspiration from the only system of thought which is faithful to its origins: thought that recognizes limits." To illustrate his meaning Camus refers to syndicalism, that movement in politics which is based on the organic unity of the cell, and which is the negation of abstract and bureaucratic centralism.

>  He quotes Tolain: "Les etres humains ne s'emancipent qu'au sein des groupes naturels" human beings emancipate themselves only on the basis of natural groups. "The commune against the State . . . deliberate freedom against rational tyranny, finally altruistic individualism against the colonization of the masses, are, then, the contradictions that express once again the endless opposition of moderation to excess which has animated the history of the Occident since the time of the ancient world." This tradition of "mesure" belongs to the Mediterranean world, and has been destroyed by the excesses of German ideology and of Christian otherworldliness—by the denial of nature.

>  Restraint is not the contrary of revolt. Revolt carries with it the very idea of restraint, and "moderation, born of rebellion, can only live by rebellion. It is a perpetual conflict, continually created and mastered by the intelligence. . . . Whatever we may do, excess will always keep its place in the heart of man, in the place where solitude is found.

>  We all carry within us our places of exile, our crimes and our ravages. But our task is not to unleash them on the world; it is to fight them in ourselves and in others. Rebellion, the secular will not to surrender of which Barres speaks, is still today at the basis of the struggle. Origin of form, source of real life, it keeps us always erect in the savage, formless movement of history."

>  In his last pages Camus rises to heights of eloquence which are exhilarating. It is an inspiring book. It is particularly a book that should be read by all those who wish to see the inborn impulse of revolt inspired by a new spirit of action—by those who understand "that rebellion cannot exist without a strange form of love." Not to calculate, to give everything for the sake of life and of living men—in that way we can show that "real generosity toward the future lies in giving all to the present."

>  Herbert Read

>  The Rebel  
Contents  
Foreword  
Introduction  
Part I The Rebel  
Part II Metaphysical Rebellion  
The Sons of Cain  
Absolute negation  
A Man of Letters  
The Dandies' Rebellion  
The Rejection of Salvation  
Absolute Affirmation  
The Unique  
Nietzsche and Nihilism  
The Poets' Rebellion  
Lautreamont and Banality  
Surrealism and Revolution  
Nihilism and History  
Part III Historical Rebellion  
The Regicides  
The New Gospel  
The Execution of the King  
The Religion of Virtue  
The Terror  
The Deicides  
Individual Terrorism  
The Renunciation of Virtue  
Three of the Possessed  
The Fastidious Assassins  
The Path of Chigalev  
State Terrorism and Irrational Terror  
State Terrorism and Rational Terror  
The Bourgeois Prophecy  
The Revolutionary Prophecy  
The Failing of the Prophecy  
The Kingdom of Ends  
Totality and Trials  
Rebellion and Revolution  
Part IV Rebellion and Art  
Rebellion and the Novel  
Rebellion and Style  
Creation and Revolution  
Part V Thought at the Meridian  
Rebellion and Murder  
Nihilistic Murder  
Historical Murder  
Moderation and excess  
Thought at the Meridian  
Beyond nihilism

>  Introduction

> Fin du texte

> The End

## 2. Notes

Source: https://scriptura.si/works/camus-rebel/2/ · cite a paragraph as https://scriptura.si/works/camus-rebel/2/#p-N

[¶0] > French: [1] Voir Le Mythe de Sisyphe, N.R.F. [Livre
disponible dans Les
Classiques des sciences sociales. JMT.]

[¶1] > French: [2] Lalande.
Vocabulaire philosophique.

[¶2] > French: [3] La communauté des victimes est la même que
celle qui unit la victime au bourreau. Mais le bourreau ne le sait pas.

[¶3] > French: [4] *L'Homme du ressentiment*. N.R.F.

[¶4] > French: [5] Bien entendu, il y a une révolte
métaphysique au début du christianisme, mais la résurrection du Christ,
l'annonce de la parousie et le royaume de Dieu interprété comme une promesse de
vie éternelle, sont les réponses qui la rendent inutile.

[¶5] > French: [6] Les grands criminels de Sade s'excusent de
leurs crimes sur ce qu'ils sont pourvus d'appétits sexuels démesurés contre
lesquels ils ne peuvent rien.

[¶6] > French: [7] *Sade, mon prochain. *Éditions du Seul.

[¶7] > French: [8] Maurice Blanchot. *Lautréamont et Sade. *Éditions
de Minuit.

[¶8] > French: [9] Thème dominant chez William Blake, par
exemple.

[¶9] > French: [10] « Le Satan de Milton est moralement
très supérieur à son Dieu comme celui qui persévère en dépit de l'adversité et
de la fortune est supérieur à celui qui, dans la froide sécurité d'un triomphe
certain, exerce la plus horrible vengeance sur ses ennemis. » Hermann
Melville.

[¶10] > French: [11] Notre littérature s'en ressent encore. « Il
n'y a plus de poètes maudits », dit Malraux. Il y en a moins. Mais les
autres ont mauvaise conscience.

[¶11] > French: [12] *Les Petits Romantiques* (Cahiers du Sud).

[¶12] > French: [13] Faut-il rappeler qu'Ivan est, d'une
certaine manière *Dostoïevski, plus *à l'aise dans ce personnage que dans
Aliocha.

[¶13] > French: [14] Ivan accepte de laisser tuer son père,
précisément. il choisit l'attentat contre la nature et la procréation. Ce père
d'ailleurs est infâme. Entre Ivan et le dieu d'Aliocha, la figure repoussante
du père Karamazov se glisse constamment.

[¶14] > French: [15] Id. « Ces questions (Dieu et
l'immortalité) sont les mêmes que les questions socialistes, mais envisagées
sous un autre angle. »

[¶15] > French: [16] C'est évidemment la dernière philosophie de
Nietzsche, de 1880 à l'effondrement, qui nous occupera ici. Ce chapitre peut
être considéré comme un commentaire à *la Volonté de Puissance*.

[¶16] > French: [17] « Vous dites que c'est la
décomposition spontanée de Dieu, niais ce n'est qu'une mue ; il se
dépouille de son épiderme moral. Et vous le verrez reparaître, par delà le Bien
et le Mal. »

[¶17] > French: [18] Elle fait la différence entre le chant I,
publié à part, d'un byronisme assez banal, et les chants suivants où resplendit
la rhétorique du monstre. Maurice Blanchot a bien vu l'importance de cette coupure.

[¶18] > French: [19] De même Fantasio veut être ce bourgeois qui
passe.

[¶19] > French: [20] Il est juste de remarquer que le ton de ces
lettres peut s'expliquer par leurs destinataires. Mais on n'y sent pas l'effort
du mensonge. Pas un mot où l'ancien Rimbaud se trahisse.

[¶20] > French: [21] Jarry, un des maîtres du dadaïsme, est la
dernière incarnation, mais plus singulière que géniale, du dandy métaphysique.

[¶21] > French: [22] On compterait sur les doigts de la main les
communistes qui sont venus à la révolution par l'étude du marxisme. On se
convertit d'abord et on lit ensuite les Écritures et les Pères.

[¶22] > French: [23] Philothée O'Neddy.

[¶23] > French: [24] *La Tragédie de Spartacus*. Cahiers Spartacus.

[¶24] > French: [25] La révolte de Spartacus reprend en réalité
le programme des révoltes serviles qui l'ont précédée. Mais ce programme se
résume au partage des terres et à l'abolition de l'esclavage. Il ne touche pas
directement aux dieux de la cité.

[¶25] > French: [26] Cet essai ne s'intéressant pas à l'esprit
de révolte à l'intérieur du christianisme, la Réforme n'y trouve pas sa place,
non plus que les nombreuses révoltes contre l'autorité ecclésiastique qui l'ont
précédée. Mais on peut dire au moins que la Réforme prépare un jacobinisme
religieux et qu'elle commence en un sens ce que 1789 achèvera.

[¶26] > French: [27] Mais les rois y ont collaboré, imposant peu
à peu la puissance politique à la puissance religieuse, et minant ainsi le
principe même de leur légitimité.

[¶27] > French: [28] Charles 1er tenait à ce point au droit
divin qu'il n'estimait pas nécessaire d'être juste et loyal envers ceux qui le
niaient.

[¶28] > French: [29] Rousseau, bien entendu, ne l'aurait pas
voulu. Il faut mettre au début de cette analyse, pour lui donner ses limites,
ce que Rousseau a déclaré fermement : « Rien ici-bas ne mérite d'être
acheté au prix du sang humain. »

[¶29] > French: [30] Cf. le *[Discours sur l'Inégalité](http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.roj.dis3)*.
« Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à
la question. »

[¶30] > French: [31] Toute idéologie se constitue contre la
psychologie.

[¶31] > French: [32] Même idylle en Russie, en 1905, où le
Soviet de Saint-Pétersbourg défile avec des pancartes demandant l'abolition de
la peine de mort, et en 1917.

[¶32] > French: [33] Vergniaud.

[¶33] > French: [34] Anacharsis Cloots.

[¶34] > French: [35] Ou du moins dont on a anticipé la
signification. Quand Saint-Just prononce ce mot, il ne sait pas encore qu'il
parle déjà pour lui-même.

[¶35] > French: [36] La Vendée, guerre religieuse, lui donne
encore raison.

[¶36] > French: [37] Ce sera le dieu de Kant, Jacobi et Fichte.

[¶37] > French: [38] Mais la nature, telle qu'on la rencontre
chez Bernardin de Saint-Pierre, est elle-même conforme à une vertu préétablie.
La nature aussi est un principe abstrait.

[¶38] > French: [39] Sauf la monarchie espagnole. Mais l'empire
allemand s'effondre dont Guillaume II disait qu'il était « la marque
que nous autres, Hohenzollern, nous tenons notre couronne du ciel seul et que
c'est au ciel seul que nous avons des comptes à rendre ».

[¶39] > French: [40] Hegel a bien vu que la philosophie des lumières
a voulu délivrer l'homme de l'irrationnel. La raison rassemble les hommes que
l'irrationnel divise.

[¶40] > French: [41] Et de la Réforme, « révolution des Allemands
« selon Hegel.

[¶41] > French: [42] Qui ont trouvé des modèles moins
philosophiques dans les polices prussienne, napoléonienne, tsariste ou dans les
camps anglais d'Afrique du Sud.

[¶42] > French: [43] Le rapprochement de Hegel et de Rousseau a
un sens. La fortune de la *Phénoménologie *a été de même sorte, dans ses
conséquences, que celle du *Contrat *social. Elle a modelé la pensée
politique de son temps. La théorie de la volonté générale de Rousseau se
retrouve d'ailleurs dans le système hégélien.

[¶43] > French: [44] Ce qui suit est un exposé schématique de la
dialectique maître-esclave. Seules les conséquences de cette analyse nous
intéressent ici. C'est pourquoi un nouvel exposé, qui fasse ressortir certaines
tendances plutôt que d'autres, nous a paru nécessaire. En même temps, cela
excluait tout exposé critique. Il ne sera pas difficile, cependant, de voir que
si le raisonnement se maintient en logique, au moyen de quelques artifices, il
ne peut prétendre à instituer vraiment une phénoménologie, dans la mesure où il
repose sur une psychologie tout à fait arbitraire. L'utilité et l'efficacité de
la critique de Kierkegaard contre Hegel est qu'elle s'appuie souvent sur la
psychologie. Ceci n'enlève rien, au demeurant, à la valeur de certaines
analyses admirables de Hegel.

[¶44] > French: [45] À vrai dire, l'équivoque est profonde, car
il ne s'agit pas de la même nature. L'avènement du monde technique
supprime-t-il la mort, ou la peur de la mort, dans le monde naturel ?
Voilà la vraie question que Hegel laisse en suspens.

[¶45] > French: [46] Jean Hyppolite. *Genèse et structure de
la Phénoménologie de l'esprit*, p. 168.

[¶46] > French: [47] Alexandre Kojève.

[¶47] > French: [48] Ce nihilisme, malgré les apparences, est
encore nihilisme au sens nietzschéen, dans la mesure où il est calomnie de la
vie présente au profit d'un au-delà historique auquel on s'efforce de croire.

[¶48] > French: [49] De toute manière, la critique de Kierkegaard
est valable. Fonder la divinité sur l'histoire est fonder paradoxalement une
valeur absolue sur une connaissance approximative. Quelque chose
« d'éternellement historique » est une contradiction dans les termes.

[¶49] > French: [50] Le même Pisarev note que la civilisation,
dans son matériel idéologique, a toujours été, en Russie, importée. Voir Armand
Coquart : Pisarev et *l'idéologie du nihilisme russe.*

[¶50] > French: [51] Dostoïevski.

[¶51] > French: [52] Le *Capital* est traduit en 1872.

[¶52] > French: [53] « Le monde est réglé par l'esprit de
raison, cela me tranquillise sur tout le reste. »

[¶53] > French: [54] Cité par Hepner. Bakounine et le
panslavisme révolutionnaire. Rivière.

[¶54] > French: [55] *La Russie absente et présente*. Gallimard.

[¶55] > French: [56] 1876.

[¶56] > French: [57] *Confession, *p*. *102 et sq. Rieder.

[¶57] > French: [58] Claude Harmel et Alain Sergent. *Histoire
de l'anarchie, *t. 1.

[¶58] > French: [59] Elle peut se faire aussi dans l'admiration
où le mot « maître » prend alors un grand sens : celui qui
forme, sans détruire.

[¶59] > French: [60] Deux races d'hommes. L'un tue une seule
fois et paie de sa vie. L'autre justifie des milliers de crimes et accepte de
se payer d'honneurs.

[¶60] > French: [61] Le premier groupe social démocrate, celui
de Plekhanov, est de 83.

[¶61] > French: [62] « Il se représentait l'homme à sa
façon et, ensuite, il ne démordait plus de son idée. »

[¶62] > French: [63] « La calomnie et l'assassinat dans les
cas extrêmes, mais surtout l'égalité. »

[¶63] > French: [64] Voir l'excellent livre de Max Picard :
*L'homme du néant, *Cahiers du Rhône.

[¶64] > French: [65] On sait que Goering recevait parfois en
costume de Néron, et fardé.

[¶65] > French: [66] Il est frappant de noter que des atrocités
qui peuvent rappeler ces excès ont été commises aux colonies (Indes,
1857 ; Algérie, 1945, etc.) par des nations européennes qui obéissaient en
réalité au même préjugé irrationnel de supériorité raciale.

[¶66] > French: [67] E. Dermenghem. Joseph de Maistre mystique.

[¶67] > French: [68] Saint-Simon, qui influencera Marx, est
d'ailleurs influencé lui même par Maistre et Bonald.

[¶68] > French: [69] *Les Illusions du Progrès*.

[¶69] > French: [70] Le dernier tome du Cours *de philosophie
positive parait *la même année que *l'Essence du Christianisme *de
Feuerbach.

[¶70] > French: [71] « Tout ce qui se développe
spontanément est nécessairement légitime, pendant un certain temps. »

[¶71] > French: [72] Selon Jdanov, le marxisme est « une philosophie
qualitativement différente de tous les systèmes antérieurs ». Ce qui
signifie ou que le marxisme, par exemple, n'est pas le cartésianisme, ce que
personne ne songera à nier, ou que le marxisme ne doit essentiellement rien au
cartésianisme, ce qui est absurde.

[¶72] > French: [73] Tous les dix ou onze ans, prévoit Marx.
Mais la périodicité des cycles « se raccourcira graduellement ».

[¶73] > French: [74] Michel Collinet dans la *Tragédie du
Marxisme *relève chez Marx trois formes de la prise du pouvoir par le
prolétariat : république jacobine dans le *Manifeste communiste, *dictature
autoritaire dans le *18 Brumaire, *et gouvernement fédéral et libertaire
dans la *Guerre civile en France.*

[¶74] > French: [75] Morelly, Babeuf, Godwin décrivent en
réalité des sociétés d'inquisition.

[¶75] > French: [76] Maximilien Rubel. Pages choisies pour une
éthique socialiste. Rivière.

[¶76] > French: [77] Sur l'imminence de cet événement, voir
Marc, VIII-39, XIII-30, Matthieu, X-23, XII-27, 28. XXIV-34 ; Luc, IX-26,
27, XXI-22, etc.

[¶77] > French: [78] Préface à la traduction russe du *[Manifeste communiste](http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.mak.man).*

[¶78] > French: [79] De 1920 à 1930, dans une période d'intense
productivité, les U.S.A. ont vu le nombre de leurs ouvriers métallurgistes diminuer,
dans le temps où le nombre des vendeurs, dépendant de la même industrie,
doublait presque.

[¶79] > French: [80] « Allons-nous vers une révolution
prolétarienne ? », *Révolution prolétarienne*, 25 avril 1933.

[¶80] > French: [81] *La Condition ouvrière *(Gallimard). [Livre disponible dans [Les Classiques des sciences
sociales](http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.wes.con). JMT.]

[¶81] > French: [82] Lénine, du reste, a enregistré le premier
cette vérité, mais sans amertume apparente. Si sa phrase est terrible pour les
espoirs révolutionnaires, elle l'est plus encore pour Lénine lui-même. Il a osé
dire, en effet, que les masses accepteraient plus facilement son centralisme
bureaucratique et dictatorial parce que « la discipline et l'organisation
sont assimilées plus facilement par le prolétariat grâce précisément à cette
école de la fabrique ».

[¶82] > French: [83] Précisons que la productivité n'est
malfaisante que lorsqu'elle est prise comme une fin - non comme un moyen qui
pourrait être libérateur.

[¶83] > French: [84] Bien qu'il l'ait été - jusqu'au XVIII<sup>e</sup>
siècle - pendant tout le temps où Marx a cru le découvrir. Exemples historiques
où le conflit des formes de civilisation n'a pas abouti à un progrès dans
l'ordre de la production : destruction de la société mycénienne, invasion
de Rome par les Barbares, expulsion des Maures d'Espagne, extermination des
Albigeois..., etc.

[¶84] > French: [85] Roger Caillois fait remarquer que le
stalinisme objecte à la théorie des quanta, mais utilise la science atomique
qui en dérive *(Critique du Marxisme, *Gallimard).

[¶85] > French: [86] Sur tout ceci, voir jean Grenier. *Essai
sur l'Esprit d'orthodoxie *(Gallimard) qui reste, après quinze ans, un livre
d'actua*lité.*

[¶86] > French: [87] Voir l'excellente discussion de Jules
Monnerot. *Sociologie du communisme*, IIIe partie.

[¶87] > French: [88] Ernestan. *Le Socialisme et la Liberté*.

[¶88] > French: [89] *Que faire ?, *1902. [Texte disponibles dans [Les
Archives marxistes](http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200.htm). JMT.]

[¶89] > French: [90] *L'État et la Révolution, *1917*.* [Texte disponibles dans [Les
Archives marxistes](http://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/08/er00t.htm). JMT.]

[¶90] > French: [91] De même Marx : « Ce que tel ou
tel prolétaire ou même le prolétariat tout entier imagine être son but
n'importe pas ! »

[¶91] > French: [92] On sait que son frère aîné, qui avait, lui,
choisi le terrorisme, fut pendu.

[¶92] > French: [93] Heine appelait déjà les socialistes
« les nouveaux puritains », Puritanisme et révolution vont,
historiquement, de pair.

[¶93] > French: [94] « La ruse de la raison », dans
l'univers historique, repose le problème du mal.

[¶94] > French: [95] L'existentialisme athée a, du moins, la
volonté de créer une morale. Il faut attendre cette morale. Mais la vraie
difficulté sera de la créer sans réintroduire dans l'existence historique une
valeur étrangère à l'histoire.

[¶95] > French: [96] Stanislas Fumet.

[¶96] > French: [97] Si même le roman ne dit que la nostalgie,
le désespoir, l'inachevé, il crée encore la forme et le salut. Nommer le
désespoir, c'est le dépasser. La littérature désespérée est une contradiction
dans les termes.

[¶97] > French: [98] Il s'agit naturellement du roman
« dur », celui des années 30 et 40, et non de l'admirable floraison
américaine du XIX<sup>e</sup> siècle.

[¶98] > French: [99] Même chez Faulkner, grand écrivain de cette
génération, le monologue intérieur ne reproduit que l'écorce de la pensée.

[¶99] > French: [100]
 Bernardin de Saint-Pierre et
le marquis de Sade, avec des indices différents, sont les créateurs du roman de
propagande.

[¶100] > French: [101]
 Delacroix note, et cette
observation va loin, qu'il faut corriger « cette inflexible perspective
qui (dans la réalité) fausse la vue des objets à *force de justesse* ».

[¶101] > French: [102]
 Delacroix le montre encore
avec profondeur : « Pour que le réalisme ne soit pas un mot vide de
sens, il faudrait que tous les hommes eussent le même esprit, la même façon de
concevoir les choses. »

[¶102] > French: [103]
 La correction diffère avec
les sujets. Dans une œuvre fidèle à l'esthétique esquissée ci-dessus, le style
varierait avec les sujets, le langage propre à l'auteur (son ton) restant le
lieu commun qui fait éclater les différences de style.

[¶103] > French: [104]
 On remarquera que le langage
propre aux doctrines totalitaires est toujours un langage scolastique ou
administratif.

[¶104] > French: [105]
 Dans ses *Entretiens sur
le bon usage de la liberté, *Jean Grenier fonde une démonstration qu'on peut
résumer ainsi : la liberté absolue est la destruction de toute
valeur ; la valeur absolue supprime toute liberté. De même, Palante :
« S'il y a une vérité une et universelle, la liberté n'a pas de raison
d'être. »

[¶105] > French: [106]
 On voit encore, on ne
saurait trop y insister, que le rationalisme absolu n'est pas le rationalisme.
Entre les deux, la différence est la même qu'entre cynisme et réalisme. Le
premier pousse le second hors des limites qui lui donnent un sens et une
légitimité. Plus brutal, il est finalement moins efficace. C'est la violence en
face de la force.

[¶106] > French: [107]
 Voir sur ce point
l'excellent et curieux article de Lazare Birkel La *Physique confirme la
philosophie. *Empédocle, no 7.

[¶107] > French: [108]
 La science d'aujourd'hui
trahit ses origines et nie ses propres acquisitions en se laissant mettre au
service du terrorisme d'État et de l'esprit de puissance. Sa punition et sa
dégradation sont de ne produire alors, dans un monde abstrait que des moyens de
destruction ou d'asservissement. Mais quand la limite sera atteinte, la science
servira peut-être la révolte individuelle. Cette terrible nécessité maquera le
tournant décisif.

[¶108] > French: [109]
 Tolain, futur
communard : « Les êtres humains ne s'émancipent qu'au sein des
groupes naturels. »

[¶109] > French: [110]
 Les sociétés scandinaves
d'aujourd'hui, pour ne donner qu'un seul exemple, montrent ce qu'il y a
d'artificiel et de meurtrier dans les oppositions purement politiques. Le
syndicalisme le plus fécond s'y concilie avec la monarchie constitutionnelle et
réalise l'approximation d'une société juste. Le premier soin de l'État
historique et rationnel a été, au contraire, d'écraser à jamais la cellule
professionnelle et l'autonomie communale.

[¶110] > French: [111]
 Cf. la lettre de Marx à
Engels (20 juillet 1870) souhaitant la victoire de la Prusse sur la
France : « La prépondérance du prolétariat allemand sur le prolétariat
français serait en même temps la prépondérance de notre théorie sur celle de
Proudhon. »
